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Acculturation digitale du Top Management : les recettes qui marchent !

Acculturation digitale du Top Management : les recettes qui marchent ! Acculturation digitale du Top Management : les recettes qui marchent !

Clé de voûte d’une transformation digitale réussie, la conduite du changement est cruciale et passe par une acculturation digitale du top management.

L’intégration du digital dans la stratégie des entreprises est aujourd’hui une évidence. Pour autant, les cadres dirigeants sont, pour beaucoup, demandeurs d’accompagnements sur ces sujets de transformation et d’acculturation. Pauline Rosaz, directrice de Webedia Learning nous explique quelle approche privilégier avec ce top management...

Quelle est la spécificité du top management en matière d’acculturation digitale ?

Pauline Rosaz, directrice de Webedia Learning : En préambule, il faut savoir que 40% des cadres dirigeants estiment être en pleine transformation digitale* quand ¾ d’entre eux estiment que leur vision et leur stratégie pourraient être améliorées.** La prise de conscience et le besoin d’accompagnement sont exprimés.

Au moment de penser “acculturation digitale des cadres dirigeants”, il faut garder à l’esprit leurs spécificités : les top managers ont généralement peu de temps pour se poser face à un ordinateur. Ils n’en ont parfois pas d’ailleurs. Leur mobile est leur principal outil de travail. Ils vont de réunions en réunions et ne “produisent” plus à proprement parler. Ils échangent, ils pilotent.

Par ailleurs, leur niveau d’acculturation au digital est souvent hétérogène. Certains sont experts, d’autres plus à la traîne. Le besoin d’accompagnement est une vraie réalité aujourd’hui et encore pour quelques années...

Comment qualifiez-vous leur niveau ?

J’ai l’habitude de dire qu’il en va du digital comme des langues vivantes. Parmi ces managers, on distingue donc 3 niveaux :

• Ceux pour qui le digital est devenu une langue maternelle. L’intégrer dans leur vision, arbitrage et stratégie est naturel. Ce n’est presque plus un sujet.

• Ceux pour qui c’est une langue étrangère en cours d’apprentissage. On peut dire que pour eux, la prise de conscience a eu lieu. Ils ne sont pas encore à l’aise mais ont le sentiment profond qu’ils doivent faire évoluer leur vision et leur pratiques

• Et enfin ceux pour qui la langue étrangère reste étrangère. Il existe encore des entreprises où certains dirigeants n’ont pas pris la mesure du bouleversement qu’a engendré le digital.

Notre mission est alors de faire passer d’un niveau à l’autre le dirigeant et, à terme, de faire que cette langue vivante ne soit plus acquise mais innée.

Quels sont les freins à cette acculturation ?  

Je pense qu’au début de ces programmes d’acculturation au digital, l’accent était mis sur “l’inspiration” et non sur “l’intégration”. Pour vous donner une idée, beaucoup de programmes étaient conçus sous la forme de “learning expedition”. On emmenait donc des dirigeants en pleine Silicon Valley pour leur montrer les impressionnantes réussites des GAFA et autres pure players, par exemple. Mais une fois rentrés en France, aucun accompagnement dans la réflexion n’était prévu.

Aujourd’hui, nous savons que s’inspirer ou s’ouvrir est nécessaire, mais il faut absolument travailler des accompagnements pour intégrer ces nouvelles directions. Que faire de ces réussites inspirantes ? Comment les adapter à ma propre entreprise ?

Quelles sont donc selon vous les recettes qui marchent ?

Le Reverse mentoring, apparu aux Etats-Unis dans les années 90, rencontre aujourd’hui un franc succès. Il s’agit d’un programme de mentoring inversé, comme son nom l’indique. Dans la même entreprise, un binôme composé d’un cadre dirigeant et d’un autre salarié (généralement plus jeune, “digital native”) totalement acculturé au digital vont échanger autour d’un sujet donné. La démarche est volontaire pour les deux collaborateurs. Ceux-ci vont se rencontrer pendant plusieurs mois et le jeune mentor va donc accompagner le dirigeant dans sa transformation digitale.

C’est un programme qui est particulièrement adapté aux profils des top managers qui préfèrent généralement une rencontre physique 1h par mois, dans un cadre souple et réactif.  

Les résultats de cette méthode sont vraiment très intéressants. Ils prouvent que rien ne peut se faire sans l’humain, même lorsque l’on parle de digital…

Comment voyez-vous l’évolution de ces programmes dans les années à venir ?

Avec le mobile qui apparaît donc aujourd’hui comme le principal outil de travail du top management, on voit déjà se développer des programmes d’acculturation digitale au travers du mobile learning qui permet de proposer des contenus courts, impactants, accessibles à tout moment, et donc adaptés à cette cible.

Maintenant, il y a fort à parier que les générations qui arrivent sur le marché aujourd’hui auront de moins en moins à travailler sur l’intégration du digital à leurs pratiques et leur vision. Pour reprendre ma référence aux langues étrangères, nous savons bien que dans quelques années, le digital sera parlé couramment et sans accent !

* “The digital culture : closing the employee-leadership gap “ by CapGemini and Brian Solis - Juin 2017

** Etude Embracing a digital future réalisée  réalisée par Dell Technologies en octobre 2016

La Rédaction
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