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Learning

Quelle place pour le digital learning dans l'enseignement supérieur ?

 Quelle place pour le digital learning dans l'enseignement supérieur ?  Quelle place pour le digital learning dans l'enseignement supérieur ?

Depuis l'arrivée des Millennials, les écoles d’enseignement supérieur ont pris conscience de la nécessité de repenser leur pédagogie… Le digital learning fait partie de ces nouvelles approches.

On estime que d’ici 2022, le digital learning représentera environ 30% du marché de l’éducation mondiale. Vingt ans plus tôt, en 2002, cette part ne s’élevait qu’à 2%.

Une évolution qui doit sa forte croissance à la technologie, bien sûr, mais aussi aux nouvelles attentes des étudiants, qui ont accès depuis leur plus tendre enfance à des formats toujours plus innovants et attractifs (comme par exemple les formats courts du Rire Jaune qui décryptent et vulgarisent certaines idées) et sont donc de moins en moins réceptifs aux cours magistraux ancestraux de nos universités et écoles supérieures.

Une définition à géométrie variable

Mais il y a digital learning et digital learning. Longtemps cantonné à la production de MOOC (Massive Open Online Course), le digital learning recouvre un ensemble de formats bien plus divers.

En effet, le MOOC reste un cours magistral donné à distance. Son taux d’engagement est souvent mauvais et son taux d’abandon peut atteindre les 90%. Rébarbatif et sans option d’interaction, le format ne fait pas souvent recette auprès des étudiants.

L’efficacité du digital learning repose plutôt sur  le “bon mix” de formats pédagogiques de manière à proposer des dispositifs “blended” qui peuvent comprendre :

      • du social learning qui permet animation et interaction avec l’enseignant à travers les réseaux sociaux plébiscités par les étudiants,

      • de l’adaptive learning qui permet grâce à l’intelligence artificielle d’adapter le contenu au niveau de progression de l’étudiant,

      • de l’immersive learning qui peut reposer sur les technologies de réalité virtuelle pour mettre en situation les étudiants,

      • mais aussi (et de façon indispensable) le présentiel qui permet à l’enseignant de mettre en musique tous ces dispositifs et de rester le premier acteur du programme.

De nouveaux codes pour de nouveaux formats

Place à l’émotion dans les cours ! Grâce aux neurosciences, on sait désormais que l’ancrage mémoriel est largement facilité lorsque l’apprentissage sollicite une émotion. Ainsi ce que l’on appelle le learntainment se développe de plus en plus. Reposant sur des formats inspirés du web (vidéo, motion design, ton décalé), un storytelling soigné et la ludopédagogie, le learntainment est un des chemins à suivre pour optimiser l’efficacité et l’engagement des étudiants. Attention néanmoins à trouver le bon équilibre entre le fond, la forme et le ton. La forme est bien là pour servir le fond et vient le mettre en valeur.

Ne négligeons pas non plus le device. Le mobile est, en effet, pour nos étudiants digital native ce qu’étaient le cahier aux étudiants d’antan. Les programmes et les cours doivent s’adapter à cette nouvelle ère du roi mobile et être conçus pour être consultés n’importe où et à tout moment.

Digital learning oui, mais à quel prix ?

Restent que les écoles se retrouvent face à un challenge de taille car la digitalisation de leurs programmes peut se révéler extrêmement coûteuse.

C’est pourquoi, de plus en plus, la tendance est à l’internalisation. Les écoles se réorganisent et créent leurs propres Lab, équipés de fond vert et de matériel de montage et de tournage qui leur permettent de produire leurs propres vidéos en masse. L’externalisation auprès d’agences ou d’organismes de formation spécialisés dans l’ingénierie pédagogique digitale et la production audiovisuelle demeure pour les contenus premium qui doivent capter l’attention des apprenants et promouvoir les programmes.

De la pédagogie présentielle à la pédagogie digitale

Pour aller un peu plus loin, certaines organisations proposent également des programmes de formation à la pédagogie digitale à leurs enseignants et formateurs. Car c’est bien l’enseignant qui reste au cœur de la réussite du dispositif. Sa nouvelle mission est de prolonger la relation avec ses étudiants en dehors des amphis, en animant ses programmes en ligne. Et cela s’apprend !

Quentin Declercq
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