Partager l'article sur :

Audiences

Tous fous de #FoodTech

Tous fous de Foodtech Tous fous de Foodtech

Un secteur économique en plein essor et un concept qui fait le buzz… Effet de mode ou transformation profonde de notre paysage alimentaire ?

Carine Groz, experte en social listening chez Semantiweb nous explique comment l’écoute des plateformes digitales conduit les annonceurs à affiner leur stratégie Marketing. Grâce à l’exemple d’une étude réalisée sur le thème de la FoodTech, elle nous guide à travers les méandres des conversations sur le web...

Pouvez-vous nous préciser ce qu’est le social listening ?

Carine Groz : Il s’agit d’une technologie qui permet de récolter l’ensemble des conversations spontanées des internautes sur le web : sur les blogs, les forums mais aussi tous les réseaux sociaux (instagram, twitter, facebook, etc.. ).

Cela diffère de la simple veille, il s’agit de deep listening, à savoir l'écoute et la compréhension de comportements structurants des consommateurs. Grâce à ces algorithmes de listening, les marques peuvent mieux comprendre comment les gens consomment et ce qu’ils en disent. Ce qui est capital pour une marque…!

Si le web nous dit tout, est-ce pour autant la fin des études marketing traditionnelles ?

C.G : Non pas totalement, on ne remplace pas à proprement parler les études qualitatives ou quantitatives. Je dirais que nos approches sont complémentaires. Lorsqu’une marque réalise une étude classique, elle oriente d’une certaine façon les résultats. Car en proposant un questionnaire préétabli, elle limite les enseignements “surprise”...

Ce que nous permet l’écoute conversationnelle, c’est de détecter les opportunités cachées, les axes auxquels nous n’avions pas pensés. C’est pourquoi il faut mener les deux approches, celle du listening permettant alors de resserrer et de valider les pistes à étudier dans une étude classique.

Vous avez récemment mené une campagne de listening sur le thème de la FoodTech. Comment définiriez-vous la FoodTech ?

C.G : Je dirais que la FoodTech regroupe les sujets food dans lesquels le digital a fait son apparition. Il peut s’agir de la cuisine à proprement parler mais aussi de l’approvisionnement, la livraison, la réalisation des recettes, l’alimentation du futur, les objets connectés ou encore les chefs digitaux.

Tous ces items constituent un ensemble de sujets mêlant les notions d’innovation et d’alimentation.

L'écosystème de la FoodTech de quoi parle-t-on ?

Pourquoi avoir étudié cet écosystème en particulier ?

C.G : C’est un thème dont on parle beaucoup entre professionnels et une terminologie courante (FrenchTech, BioTech, FinTech, etc… ). Il nous paraissait intéressant de vérifier ce que les communautés intéressées par la food en disaient spontanément.

Il s’agit d’un bon cas d’étude car la communauté food est une communauté qui s’exprime beaucoup et qui se rejoint autour de points de passion ou de points de tension de façon très marquée et très emblématique.

Que pouvez-vous nous dire de cette communauté FoodTech ?

C.G : La Food a toujours généré des échanges, surtout en France, où la cuisine est un sujet avec lequel on ne plaisante pas ! Les communautés se sont depuis tous temps retrouvées autour des sujets cuisine. Mais ce que nous enseigne l’écoute menée sur un périmètre FoodTech, c’est que nous pouvons distinguer 3 grandes sous communautés digitales :

Les RobotsLovers : des fans absolus de robots innovants qui s’échangent des recettes et des conseils, avec une forte dimension “affective” pour les robots en question…

Les Régimeuses : généralement des femmes qui utilisent des applications pour tracker les données de leur régime (calorie, poids, activités, recettes, etc.. ). Celles-ci permettent à la communauté de se serrer les coudes et de suivre l’évolution de chacunes

Les PowderPowers : une communauté naissante d’hommes plutôt jeunes qui commandent de la nourriture hyperprotéinée en poudre sur internet. Rappelant les poudres slimfast des années 80, ces poudres sont en réalité plébiscitées par les hommes pour leur apport en protéine (pour les sportifs) mais aussi beaucoup pour leur aspect pratique (pas de vaisselle, pas de cuisine et pas de dépenses superflues…)

La FoodTech c'est d'abord l'envie de bien manger

Quels enseignements en avez-vous tiré pour les annonceurs ?

C.G : Le premier c’est que les professionnels parlent de la FoodTech mais que ce terme n’est absolument pas utilisé par les consommateurs.

Pour les annonceurs, cela veut dire que leur prise de parole doit emprunter les codes de leur cible et non le jargon des professionnels. Pour vous donner une idée, on retrouve 3 815 tweets sur la FoodTech sur Twitter pour seulement 15 occurrences sur les blogs. Twitter n’est pas la vraie vie et les consommateurs ne s’y trouvent que ponctuellement.

Autre enseignement, concernant par exemple, les “opportunités cachées” et les “enseignements surprise” dont je parlais précédemment : La FoodTech, c’est notamment toute la nouvelle offre d’applications de livraison de plats préparés, qui a priori, séduit en particulier les couples de cadres urbains pressés et occupés. Et bien, nous avons appris grâce à ce listening qu’une forte communauté de “gamers” (des hommes plutôt jeunes jouant en réseau) échangeait beaucoup sur le sujet et qu’elle constituait une vraie opportunité business pour les annonceurs…

Au fond, je dirais que l’écoute permet quelque soit le secteur de mieux connaître les attentes des consommateurs. Le fait d’écouter ces conversations spontanées sans préalable permet une bien meilleure analyse et de ce fait une chance d’apporter plus de finesse et de personnalisation à sa stratégie… CQFD ?

La FoodTech vue à travers les conversations des internautes
  • Audiences

Voir aussi

Livre blanc du content marketing